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samedi 21 janvier 2012

Remplacement du disque dur d'un iMac

Les ordinateurs Apple ne tombent pas en panne, c'est bien connu. Cependant, un client m'a contacté parce que son iMac 24 pouces était devenu très lent. Selon lui, il mettait plusieurs minutes à démarrer, bloquait souvent en chargeant des pages internet, voire en utilisant iPhoto. Désolant pour un machine de moins de trois ans, donc hors garantie.

Avant de nous déplacer, j'ai proposé à cette personne de réinstaller son système : cela permettrait d'être absolument certain que le problème n'était pas lié à un blocage quelconque du système. J'ai pensé immédiatement au disque dur, ou, mais moins probable, à un défaut de la connexion Internet, comme une puce wifi défaillante. Le client connaissait son affaire, et m'a dit qu'il réinstallerait son système après l'avoir sauvegardé, et me rappellerait si nécessaire.

Il m'a recontacté une semaine plus tard : après quelques jours de mieux, son iMac était redevenu très lent. Cette fois, il fallait intervenir.

Nous avons d'abord testé le disque dur au moyen de l'utilitaire de disque d'Apple sur le CD d'installation, qui nous confirmé que le disque dur était en bon état. Un peu surpris, j'ai procédé à un second test, puis un troisième : systématiquement, le test indiquait que le disque était en bon état.

Nous avons ajouté de la mémoire RAM, passant de 1 Go à 2 Go, pour plus de confort et de fluidité. 

Les symptômes ont persistés. Le système devenait de plus en plus lent, mettant plus de 5 minutes à démarrer - pire qu'un Vista avec 512Mo de RAM ! Nous avons testé la connexion internet sur un autre réseau wifi, sans changement. Je voulais tester l'hypothèse que le système ne bloquait pas en attendant une réponse d'une requête sur Internet - très improbable, mais il faut bien tester pour être sûr.

Pour moi, il était évident que le problème venait du disque dur. Cependant, les tests indiquaient le contraire.

J'ai proposé de prendre le risque d'ouvrir le iMac pour accéder au disque, collé sur la carte-mère. C'est ennuyeux de devoir passer deux ou trois heures à démonter des ordinateurs juste pour changer un disque ou un lecteur DVD, rien n'est fait pour faciliter le SAV et réduire les coûts, comme sur les automobiles modernes, mais nous n'y pouvons rien. Si je me trompais, je ne facturerais pas la démarche. J'ai à peu près sûr de mon coup, et j'en suis devenu parfaitement sûr au moment où, lancer une copie de sauvegarde des données de l'utilisateur, j'obtins plusieurs erreurs de copie imprévues.

Nous avons démonté l'iMac, remplacé le disque dur, réinstallé le système... Et bingo. Fluide, souple, rapide comme au premier jour. Par curiosité, j'ai branché le disque dur en USB externe pour le tester à nouveau : le test m'a renvoyé une erreur en quelque minutes à peine. Erreur de branche, puis erreur critique à la lecture de l'arborescence.

A ce moment, j'ai compris pourquoi le test interne ne détectait pas de problème, ou plutôt j'ai une hypothèse : pour accélérer la procédure, l'utilitaire de disque se repose au moins partiellement sur la lecture des données SMART. Or, cette technologie ne détecte qu'environ 50% des pannes ! Se fondant sur un état SMART OK, l'utilitaire ne réalisait en fait qu'un test partiel de structure de données et renvoyait un résultat "tout va bien". SMART est inaccessible en USB, et donc en branchant le disque dur en USB, l'utilitaire de disque était obligé de réaliser un test complet : arborescence, index, surface... qui plantait au bout de quelques minutes à peine.

Nous avons remis l'iMac en place, connexion Wifi, configuration email, installation d'Office 2008... le tout en quelques minutes et en savourant la belle rapidité d'un iMac fonctionnel ! Avec, en prime, un disque de 320 Go au lieu de 160 Go !

// Case Closed !

lundi 26 décembre 2011

Bonne année 2012 !

Meilleurs voeux et bonne année à tous !

jeudi 22 décembre 2011

Exemple frappant

Voilà un exemple frappant d'écran bleu de la mort (BSOD) frappant Windows pour une cause minime et sérieuse, qui démontre brillamment que nul programmeur ne peut prévoir toutes les failles de son code, et que aussi bien la faille de sécurité que le bug font partie de la vie informatique : 

Un simple fragment de code HTML ouvert dans Safari peut faire planter sérieusement windows 7 !

vendredi 16 décembre 2011

récupération de données

Nous avons eu l'occasion de suivre avec une entreprise un cas sérieux et vital de récupération de données.

En effet, le NAS (Network Area Storage, ou familièrement disque dur réseau) de l'entreprise ne répondait plus.

Après quelques tests, il est rapidement apparu qu'au moins un disque de la grappe RAID5 qui composait le NAS était défectueux, et le système avait planté en cours de reconstruction : le pire cas possible. Une sauvegarde de secours aurait dû permettre de récupérer les données, mais le système n'avait pas été vérifié depuis des années et était en réalité désactivé.

Nous avons contacté Recoveo, de qui nous sommes partenaires via la FRP2i, qui nous a immédiatement conseillé : 

  • en cas de problème de disque dur, faire un clone du ou des disques défectueux et travailler depuis cette copie
C'est une manœuvre un peu plus longue et plus chère (il faut racheter x disques de même volume) mais infiniment plus fiable.
Nous avons pu réaliser un clone de chaque disque (4x 1 To), cependant il nous a été impossible de procéder à la reconstruction de la grappe RAID5, qui nécessite des logiciels professionnels très spécialisés (et coûteux).
Nous avons donc transmis les disques et le serveur à Recoveo, qui s'est chargé de la reconstruction du volume et de la récupération des données. Nous avons ensuite opéré le retour sur site, la réinstallation du serveur et la reconfiguration des sauvegardes (en RAID10).
Les points importants à retenir : 
  • Les disques durs sont un des éléments les plus fragiles d'un ordinateur (taux de panne de 5 à 25% selon les gammes).
  • Plus les disques durs sont importants, plus il est long et coûteux de récupérer leur contenu
  • Toujours faire une sauvegarde double des données vitales (par exemple sur un m-disque ou sur un hébergeur distant)
  • Vérifier régulièrement les sauvegardes
  • Il est en général possible de récupérer ses données, si on s'y prend tôt et sans faire d'erreur (comme de forcer le fonctionnement d'un disque défectueux). Les récupérations demandent du temps et de la méthode.
  • Pour une entreprise, il peut s'avérer payant d'inclure les frais de récupération de données dans sa police d'assurance.

jeudi 15 décembre 2011

Infoglam.ru, notre nouveau site en ligne

Nous avons mis en ligne le site www.infoglam.ru, un site magazine féminin glamour dédié au marché russe, pour lequel nous avons conçu la maquette et réalisé le site, principalement en HTML5 + jQuery, et une brassée de codes customisés pour gérer les articles les plus lus, les plus vus, les plus commentés... Tout ça géré avec Wordpress de façon à laisser à l'équipe de rédactrices la possibilité de publier rapidement, facilement et régulièrement tout plein de photos et de contenus. En cyrillique.

Un support format DVD inaltérable : le M-Disque

J'ai été contacté aujourd'hui par une société qui propose un nouveau format, le M-disque, censément indestructible(durée de vie estimée : 1000 ans. Gonflé, mais aussi peu risqué ; qui retrouverait son ticket de caisse après 1000 ans ??). 

Le principe est de remplacer la couche réflexive des CD / DVD par un composé minéral inaltérable. Un peu de lecture sur le sujet sur macgeneration.

Le support est lisible sur un lecteur DVD / BR standard, mais nécessite un graveur spécial (d'après le commercial qui m'a contacté, pas plus cher qu'un graveur DVD, soit ~30 euros).

Une étude américaine, que je n'ai pas eu le temps de lire, n'aurait constaté sur différents tests aucune dégradation du support.

Si c'est vrai, et avéré, c'est une option très intéressante pour conserver ses archives !

mercredi 2 novembre 2011

Crise des disques dur

Lu dans PC INpact : la crise des disques va mettre Asus en rupture de stock. C'est tout de même un indicateur de l'importance de la crise, et de la relative fragilité du secteur. Crise, crise, crise... On ne parle que de crise en ce moment : crise de la dette, crise de l'euro, crise politique, crise des disques dur, crise financière... Certains y verront la fin du monde, d'autres une turbulence passagère, certains l'indice d'un changement de paradigme économique et politique.

C'est l'hypothèse d'un économiste, Brian Arthur, qui juge que c'est l'émergence d'une seconde économie, consistant en l'automatisation de larges pans de l'économie réelle, qui conduit à une crise de la prospérité - ou plus exactement de sa distribution. Avec 2.4% de l'augmentation de la productivité annuelle, soit on licencie 2.4% des salariés, soit on augmente la production de 2.4%. La logique de redistribution aux actionnaires conduit plutôt à la première hypothèse. Or, si on licencie, qui achète les produits ? A terme, le système devient instable, même si la prosperité est au rendez-vous, et c'est ce qui est en train d'arriver. Un article très intéressant, car il ne se contente pas d'étudier la dynamique économique, il dessine, en filigrane, une issue enthousiasmante.

lundi 31 octobre 2011

Première newsletter

Nous allons proposer des services d'envoi de newsletter : nous venons de tester le service MailChimp avec ce premier envoi.

De nombreuses fonctions, des templates, la gestion de liste de diffusion, des formulaires d'abonnement et désabonnement, dans des volumes très corrects (gratuit jusqu'à 12.000 envoi / mois), c'est une service très intéressant que nous allons coupler avec notre service de création de site web !

Hausse attendue du prix des disques durs

La forte concentration des outils de production dans certaines parties du monde pose parfois des risques inattendus (c'est la nature du risque, me direz-vous) : en ce moment, les dramatiques inondations en Thaïlande ont endommagé notamment les usines de Western Digital, et Seagate annonce des délais importants de livraison. 

Après la tragédie japonaise de Fukushima, qui avait impacté la fabrication des supraconducteurs, c'est la seconde fois cette année que des catastrophes démontrent la fragilité et la dépendance de secteurs ultra-perfectionnés à certains rares outils de production.

La concurrence et la volonté de baisser les coûts conduit les constructeurs à la concentration dans des régions où la main d'oeuvre est bon marché, ce qui rend cette production sensible aux ce type d'évènements. La concentration boursière suit la concentration de la production, comme le prouve la diminuation rapide du nombre de fabricants de disque dur à 3 (ce qui correspond à une règle marketing de la mondialisation : tous les secteurs à maturité ont un leader, un follower, un outsider, représentant à peu près 60, 30 et 10% de PDM).

Acer annonce déjà une baisse prévue de sa production et de ses ventes, car les prix vont augmenter.

D'autres métiers sont lourdement impactés, notamment les hébergeurs de site Internet, qui sont de gros consommateurs de disques durs, et l'on peu aussi penser à Facebook, qui accuse quelques petaflops de données hébergées.

samedi 15 octobre 2011

des DNS menteurs chez orange ?

J'ai noté une anomalie à plusieurs reprises : le serveur smtp-msa.orange.fr n'est pas accessible si on n'utilise pas, si son réseau local, la livebox pour la résolution des noms de domaines.

Je l'ai constaté chez moi : j'avais indiqué le serveur DNS de Google (8.8.8.8) sur ma connexion IP (je crois que c'était lié à des problèmes entre Orange et quelques gros fournisseurs de vidéo).

Lors d'un test pour un client, j'ai constaté que l'url smtp-msa.orange.fr, le serveur d'envoi de mail d'Orange qui permet l'authentification (et accessoirement, d'utiliser un port d'envoi différent de 25).

En remettant comme DNS principal 192.168.1.1 (ma livebox) j'ai récupéré la résolution du nom de domaine.

Chez un autre client, impossible de résoudre cette adresse - et j'en avait un besoin vital. Pourtant, la livebox était bien en DNS principal, et ce même après un redémarrage de celle-ci. Un cas très étrange, mais qui indiquait bien que les règles de propagation de cette url n'était pas normal. J'ai indiqué en "dur" l'IP de ce serveur dans le logiciel de messagerie de mon client ; cela a fonctionné instantanément - ce qui prouve bien que ce n'était pas un problème de réseau / routage (le serveur était bien accessible), mais un problème de résolution DNS.

C'est un problème mineur mais révélateur de la façon dont la neutralité du réseau est assuré par l'opérateur Orange. Ce comportement n'est pas normal, chaque client devrait avoir une réponse identique, quelque que soit la façon dont on configure ses DNS. C'est comme une adresse ou un numéro de téléphone : c'est le même, quelque que soit celui qui en fait la demande, ou l'endroit où on se trouve. Dès lors que c'est un numéro différent (par exemple, un numéro court pour le service client d'un opérateur, encore eux, et un numéro surtaxé pour le même service si on est pas client), c'est pour des raisons commerciales, jamais technique. Et modifier des paramètres techniques pour des raisons commerciales, c'est généralement une mauvaise idée, dictée par la cupidité (sous l'argument fallacieux du "service client", comprendre "facturation").

S'agit-il d'une erreur de propagation DNS jamais identifiée et corrigée ? Ou d'un comportement délibéré de DNS menteurs destinés à router certains trafics et modeler certains comportements, comme ne pas utiliser le DNS maison ? Je n'ai pas conduit plus de tests pour en savoir plus.

dimanche 9 octobre 2011

La licence globale existe : je l'ai vue !

Cela fait longtemps que l'on parle de la licence globale (plusieurs années, le concept est apparu au moment de l'explosion du téléchargement peer-to-peer, il y a plus ou moins huit ans) et que les majors la refusent, généralement suivis par les législateurs de différents pays.


Le prétexte n'est pas bien clair, mais le fondement est bien identifié : les majors espèrent faire beaucoup plus d'argent en imposant des prix élevés à l'unité plutôt qu'en trouvant de nouveaux modèles de rémunération, notamment la licence globale.

C'est quoi, la licence globale, pour ceux qui découvrent le sujet ? Et bien c'est un principe où chaque internaute paie une petite somme (autour de 2€), en échange de quoi, on a accès à tout le catalogue musical, et de facto, on peut télécharger / échanger autant que l'on veut. Bien sûr, c'est pas juste pour les gens qui n'écoute pas de musique sur Internet : mais c'est aussi le reproche que l'on fait à la redevance. Personnellement, je ne regarde pas la télévision, je n'ai pas d'antenne, et je paie la redevance quand même (et c'est beaucoup plus cher que 24 € / an). Alors je veux bien que l'on discrédite la licence globale, mais on en profite pour faire sauter la redevance, merci.

Selon Pascal Nègre et ses amis des majors, c'est un "vieux modèle", "insuffisant pour financer la création" (d'après lui, 1 milliard de revenu par an, c'est pas assez pour financer la création). Et il défend le modèle des abonnements type Deezer / Spotify.

Je me suis abonné pour voir à Zune. C'est le système de diffusion musicale de Microsoft, que je récupère via ma Xbox 360. Où est la différence ? J'ai accès, contre un abonnement mensuel, à un immense catalogue musical. Où est la différence ? 

La différence, me direz-vous, c'est que je n'ai toujours pas le droit de redistribuer la musique que je télécharge (car pour l'écouter, je dois la télécharger ; seulement elle n'est pas stockée sous une forme exploitable sur mon PC). M'enfin, il me semble que cela n'a jamais été le coeur du débat : les gens veulent simplement pouvoir écouter de la musique via Internet. La redistribution est une épiphénomène de cette volonté, simplement parce que le P2P fonctionne de cette façon.

Je n'ai pas la possibilité, dans cette configuration, de graver des cd que je pourrais écouter dans ma voiture, transférer sur un baladeur, prêter à un ami. Evidemment, techniquement, c'est assez facile de capturer le flux audio, plutôt de bonne qualité d'ailleurs, vers un graveur CD de salon ou mon ordinateur. Cependant, c'est en principe interdit.

C'est là la pierre d'achoppement du système. Les utilisateurs réclament le droit de copier, prêter, transférer leur musique sur n'importe quel support ou périphériques. Les éditeurs, majors, et autres intermédiaires, souhaitent pouvoir faire payer l'utilisateur à l'usage. Evidemment, cela peut leur rapporter potentiellement beaucoup plus. Mais dans les fait, c'est un échec : d'abord le téléchargement illégal ne faiblit pas, ensuite les ventes directes de cd ne cessent de diminuer, même si la situation est beaucoup moins grave que les majors ne le hulullent en permanence. 

Car ce qui est menacé, ce n'est pas la création, ni la musique. C'est la position d'intermédiaire de ces groupes qui ne contrôlent, finalement, que des droits d'exploitation des oeuvres. Un artiste peut se passer d'eux en réussissant sa promotion via Internet. Ce n'est pas facile, mais ce n'est pas facile non plus hors Internet ; il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Un artiste peut se passer d'eux en vendant ses titres via Internet. Et donc la seule réelle richesse de ces énormes groupes, c'est leur catalogue. Et pour en retirer le maximum, ils distillent celui-ci très précautionneusement (en détournant l'attention en proférant des énormités sociales et économiques).

Cependant, de mon point de vue, cette licence globale existe déjà. Elle va se perfectionner, s'étendre, mais j'ai déjà la liberté d'écouter sur ma chaîne (et c'est là l'essentiel) un catalogue immense, contenant bien plus d'oeuvre que je n'en connais, pour une somme inférieure à un demi-cd par mois. Je n'ai pas besoin d'acheter ces CD : ma CDthèque se couvre de poussière tellement je réécoute peu mes albums. Ici, pas de gaspillage, peu de ma matière première, je peux écouter sans discontinuer Eiffel parce que j'aime bien ça en ce moment, et passer à autre chose quand j'en ai assez. Je peux découvrir de nouveaux artistes que je n'aurais certainement pas acheté en magasin. Même pour les enfants, il y a des choses à écouter.

En outre, du point de vue des Majors, quels pratiques commerciales sont à explorer ! Ils pourraient être capable de connaitre nos goûts individuels, savoir qui écoute réellement tel artiste ou albums, quels chansons sont préférées dans un album, ils pourraient faire des suggestions, bâtir des playlists d'ambiance, nous tenir informés des concerts ou des goodies des artistes... bref, transformer un flux d'information en consommation, ce qui est leur but ultime, après tout ; et le tout pour un coût dérisoire par rapport à un équivalent IRL. Le tout en accompagnant les changements d'usage irrévocables de leurs consommateurs.

 Le dernier frein à cet usage, c'est le DRM : la restriction d'usage implanté dans le bien consommé. Il doit disparaître - il va disparaître, parce qu'il est contre-productif. Ceux qui l'utilisent perdent la partie, car les utilisateurs renoncent à utiliser leurs services. Apple, leader et pionnier de ce marché, pourtant très restrictif, a fait disparaître une bonne partie des DRM des versions téléchargées. Et on pourra aussi faire disparaitre la Hadopi, organe coûteux, inutile, qui essaie d'imposer une solution réglémentée dans un problème de marché (c'est à dire l'exacte contraire que l'antienne de droite ordinaire : le marché, le marché, le marché), qui plus est financée par un contribuable déjà bien mis à contribution. Ce n'est pas au denier public de répondre à des modifications structurelles économiques d'un marché privé (qui n'est pas vital comme la santé ou l'éducation, j'entends). Qui s'est soucié de la mort des petits développeurs photo à l'arrivé du numérique ? Personne au gouvernement. Alors pourquoi se préoccuper des dividendes d'Universal ?

De mon point de vue, la licence globale existe déjà, puisqu'en contrepartie d'une petite somme, j'ai accès au catalogue des principales majors. Dans un monde idéal, j'aurais aussi accès aux petits labels, aux chaines Youtube, etc, mais c'est déjà un gros début. Ce qui manque et doit évoluer, c'est étendre cet usage à plusieurs terminaux. Quand ce sera fait, si nous avons tous accès au même catalogue, il n'y aura plus de question de copie ou d'échange : ce ne sera tout simplement plus nécessaire, il suffira d'échanger un lien, un nom, un titre : comme nous échangeons des URL d'articles de journaux. La dématérialisation, quoi. 

jeudi 6 octobre 2011

Pourquoi Windows tombe en panne et pas Macintosh ?

Voilà bien une question de fond, que l'on m'a posé peut-être dix milliards de fois. 

Il est tout neuf ! Comment peut-il être en panne ?

Mais je l'ai fait réparer il y a deux mois !?

Hier soir il marchait très bien !

J'ai entamé la réponse à cette question dans un billet précédent. Et le débat Mac/PC, discussion propice au troll s'il en est, se focalise souvent sur l'affirmation que "les Mac plantent moins que les PC". Est-ce vrai ?

Ma position est que c'est faux. Mais pour parvenir à cette réponse, il convient de définir un peu mieux le cadre du débat.

Premièrement, il faut garder en tête que le marché des PC personnels équipés de Windows représente environ 90 % du marché des ordinateurs personnels. Ce chiffre est fluctuant, notamment avec l'arrivée des tablettes, mais Apple représente au niveau mondial moins de 7% des systèmes d'exploitation équipant les ordinateurs personnels. Cela varie selon les pays : il gravite autour de 10% aux USA.

Cela implique qu'en valeur absolue, il y aura beaucoup plus de Windows que de Mac OS en panne, simplement parce qu'ils sont, et de très très loin, plus nombreux sur le marché. Cela ne nous renseigne pas sur le taux de panne, c'est à dire le pourcentage de panne pour un produit donné, chiffre que les constructeurs, dont Apple, gardent jalousement secret. 

D'un point de vue matériel, Apple évite le bas de gamme : on peut en déduire que le taux de panne des composants les plus fiables sera plus faible que sur les PC - puisqu'on compare un peu des torchons et des serviettes en comparant un MacBook Air à 1500€ et un PC Packard Bell à 450 €.

 Apple n'est pourtant pas sans défaut : on se rappelle des batteries qui chauffent et explosent sur les macbook 17 pouces il y a quelques années, les condensateurs des cartes-mères des iMac 22 pouces G5, des cartes graphiques nVidia qui chauffent et finissent par cramer.... J'ai moi-même changé sur des Macintosh des disques durs, des écrans LCD, des lecteurs DVD, des Time Capsules qui chauffent et finissent par perdre toutes les données...

Bref, d'un point de vue matériel, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Il faut garder à l'esprit que les "PC" équipé de "Windows" ne représente pas un marché homogène : on trouve des PC de différentes marques, plus ou moins satisfaisantes, et des versions très différentes de Windows. On ne peut pas comparer pied à pied un PC HP de 2001 avec Windows 98 SE et un PC Asus de 2010 avec Windows 7. Les plantages très fréquents de Windows 98 ont marqué les esprits et contamine encore la perception que l'on a de Windows comme OS. Microsoft doit composer avec un très grand nombre de composants différents et s'adapter sur tout un tas de matériels différents (même si le marché des constructeurs s'est bien réduit, et que les normes de fabrication sont devenus effectives, ce qui fait, par exemple, que Windows Vista/7 soit capable d'installer tout seul un grand nombre de pilotes spécifiques après une réinstallation "from scratch".)

Alors qu'Apple est un marché relativement homogène : la marque contrôle le matériel et le logiciel ; par exemple, Mac OS X ne fonctionne pas sur les processeurs AMD, point à la ligne. En simplifiant l'écosystème, Apple réduit le spectre des cas possibles à implémenter d'un point de vue logiciel, le système est donc plus simple, et ce qui est plus simple tombe moins en panne. 

Ces deux modèles de développement (compatible / fermé) résultent d'un choix conscient de la part des deux compagnies. Le système compatible a permis à Microsoft de conquérir la majeure partie du marché, et a même été pendant une période pratiquement monopolistique. Le système fermé a permis à Apple de se créer un marché de niche sur des points différentiants comme le design, la fiabilité (supposée), et la qualité du SAV (réelle). Deux stratégies qui n'ont pas à être opposées, mais complémentaires, et qui permettent un choix bienvenu, à mon estime.

Et n'oublions pas que sans Microsoft et son système imparfait, mais flexible, compatible, et peu coûteux : il n'y aurait tout simplement pas de marché. Un autre système aurait vraisemblablement pris sa place, mais nous ne saurions dire si Apple aurait su s'y insérer.

Ensuite, d'un point de vue logiciel, il existe à mon avis une très grosse différence entre un utilisateur PC et un utilisateur Mac. L'utilisateur Macintosh se reconnaît comme non-expert : il configure son système et l'utilise. Ses contacts l'utilisent de la même façon. Basta.

L'utilisateur PC, lui, est généralement environné d'un grand nombre de contacts qui ont tous leurs préférences et passent leur temps à lui lancer des liens, des versions d'évaluations et des conseils d'optimisations sans intérêt que l'on s'empresse d'installer, au détriment de la stabilité du système. Sans compter les jeux, les smileys, les logiciels de chat et de téléchargement que tout adolescent n'a de cesse de mettre en place, sans la moindre considération, encore une fois, pour la stabilité.

L'économie du PC fait que votre ordinateur est généralement livré avec une ribambelle de logiciels d'essais, inutiles et souvent nuisibles qui ralentissent le système. De fait, ce n'est pas Microsoft que je blâme : ce sont les bundles logiciels idiots que les constructeurs installent (dans le but de réduire les coûts et de proposer une pseudo-offre complète). Et ce sont généralement les logiciels installés qui plantent le système, pas Windows qui plante tout seul.

C'est un peu la différence entre utiliser une voiture, et tuner sa voiture. Je gage que le risque d'embrouille est bien plus élevé dans le second cas.

Personnellement, en quinze ans d'utilisation de Windows, je n'ai jamais eu besoin de le réinstaller. Pourquoi ? Parce que je sais ce que je fais avec - et surtout ce qu'il ne faut pas faire. Je ne télécharge pas de logiciels pour les essayer. Je n'éprouve pas le besoin "d'optimiser" mon système. Je le maintiens à jour et ne m'impatiente pas quand le système fait une opération complexe. Résultat : mon PC ne plante pas.

Et les utilisateurs Mac fonctionnent pour la plupart comme moi. Apple a crée un système d'exploitation fiable et performant, et s'efforce de le conserver tel quel. Afin d'y parvenir, la firme maintient le contrôle sur ce que l'on peut installer sur le Macintosh, et les options de réglages sont conservées très simples. Le système n'est pas livré avec des versions bidons d'antivirus, de traitement de texte, de fonds d'écrans rigolos ou de logiciels de chat. Keep. It. Simple. Stupid. 

Microsoft a créer un système d'exploitation fiable et performant, mais ne peut pas contrôler la façon dont il est commercialisé. Son système est livré avec un grand nombre d'options, de modules et de versions d'évaluations compliquées. Just. Stupid.

Pied à pied, installons un Windows de base (depuis un CD) et un Mac OS : le système mac est un peu plus complet grâce à iTunes, iPhoto et Mail ; mais les système se valent. Depuis Windows XP, Microsoft a entrepris un gros travail de stabilisation et d'ergonomie sur son système, qui commence à porter ses fruits avec Windows 7. Windows 8 sera certainement une bonne surprise. 

Mais Microsoft doit composer encore une fois avec un élément qu'Apple peut ignorer : la compatibilité avec les versions antérieures. Quand Steve Jobs a repris Apple en main et conduit le développement de Mac OS X sur une base Unix, il a pris le risque d'obliger tous ses utilisateurs à migrer et abandonner une grosse partie de ses logiciels. Il a tout refait de zéro, ou presque (avec juste une option pour utiliser des logiciels Mac OS 9 sur une plateforme X, mais qui n'a jamais bien fonctionné). Microsoft ne peut pas faire cela. Sa position d'immense leader l'oblige à rester compatible. Quand il change de noyau (XP -> Vista par exemple), les utilisateurs se plaignent. Et 90% d'un marché mondial qui se plaint, ce n'est pas la même chose que 5% (et même 3% en 2000).

Microsoft doit planifier ses virages avec beaucoup plus de précautions que Apple, lequel, en outre, bénéficie d'une base de fans quasi-hystériques à la limite du prosélytisme.  D'un point de vue marketing, Apple a quelques atouts qui ont été bien mieux maîtrisés que n'a su le faire Microsoft. 

Mais techniquement, c'est kif-kif bourricot. Et c'est de plus en plus vrai : bien sûr, Apple a toujours crée une meilleure expérience utilisateur. Time Machine est incomparable face à la sauvegarde intégrée de Windows (à la limite inutilisable). iTunes, base essentielle de la stratégie Apple, n'a pas d'équivalent dans le monde compatible. iPhoto est concurrencé par Picasa, qui n'est pas un produit Microsoft. Sans mentionner le fait que du fait de sa faible part de marché, Mac OS n'est pas un marché de choix pour les concepteurs de virus. Et en outre, il n'est pas exclu que le positionnement CSP++ d'Apple implique une cible d'utilisateurs moins perméable aux stratégies grossières de ces derniers.

Apple a crée un produit avec moins de fonctions, mieux calibrées. La gestion de l'énergie sur les systèmes Windows est nulle face à celle d'Apple : encore une fois, il est beaucoup plus facile de gérer cela quand on contrôle l'écosystème depuis l'EFI et les spécifications matérielles jusqu'à l'API qui les contrôlent.

Kernel Panic existe sur Apple ; BSOD sur Windows. Tout système d'exploitation peut planter. J'ai débuggé des Mail qui ne parvenait plus à créer de dossiers sur le système de fichiers (et sans problème hardware), des macbook avec 1 Gb de RAM si lent qu'une mise à jour prenait presque trois heures, un Finder qui ne parvenait plus à gérer les vignettes d'aperçu de ses propres fichiers... Et j'ai fait la même chose sur PC - dans des rapports proportionnels de 1 à 100, j'en reviens à la notion de part de marché... 

Sur un PC, 80% du temps, c'est l'utilisateur qui fait planter le système. Une mise à jour trop longue ? J'éteins le PC, tant pis... et je plante le système qui se retrouve à gérer des versions différentes de bibliothèques essentielles. Une pub pour un logiciel qui va soi-disant améliorer mon Windows ? Allez, je l'installe... et j'installe avec le petit logiciel publicitaire qui va m'ouvrir des fenêtres toutes les cinq minutes. 

L'utilisateur de PC se méfie de son système, l'utilisateur Mac lui fait confiance. Cela provoque une attitude différente. (et oui, cette différence provient d'un positionnement marketing, lui même provenant d'une stratégie commerciale ; mon propos est de dire que cette différence n'est PAS technique). Quand un Mac met deux heures à effectuer une mise à jour, l'utilisateur Mac attend. Quand un PC met deux heures à faire une mise à jour, l'utilisateur PC s'impatiente et l'éteint. Et le plante.

Si je résume mon opinion sur le sujet :

  • Traitant des mêmes concepts, il n'y a pas de différences fondamentales entre un Mac et un PC
  • Les utilisateurs ne sont pas les mêmes et donc n'ont pas les mêmes attentes, la même culture, ni le même budget
  • Microsoft doit composer avec sa stature de super-dominant, ce qui lui interdit toute souplesse technique ou commerciale
  • Apple a su créer un positionnement marketing très précis (et très rentable)
Voilà, c'est déjà assez long, je vais m'arrêter ici. J'espère ne pas avoir été trop confus, et surtout rappelez-vous que je suis agnostique. J'aime les deux mondes, qui ont tous les deux beaucoup à offrir. Comparer les deux, c'est comme comparer une Renault Clio et une Audi TT, puis suggérer que Renault est nul en oubliant la VelSatis (par contre je n'y connais rien en voiture alors, excusez si je me trompe, et conservez l'esprit de l'analogie).
Quand j'entends les arguments de l'un et l'autre camp, je ne peux m'empêcher de penser au mot de Sacha Guitry : "Ce qui probablement fausse tout dans la vie c'est qu'on est convaincu qu'on dit la vérité parce qu'on dit ce qu'on pense."
Et je concluerais sur ma réponse à la question initiale "les Mac plantent-ils moins que les PC ?" : "Non, mais les utilisateurs PC s'efforcent de le faire penser, et les utilisateurs Mac y contribuent encore plus !".

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